samedi 17 septembre 2011

Vanity, Vitality and Virility / Sexe, bonheur et cosmétiques, les nouveaux pouvoirs de la chimie





Ce livre, au rayon chimie de la médiathèque E Zola de Montpellier a pour objectif de vous réconcilier avec la chimie, de convaincre les chimie-sceptiques et de faire réfléchir les chimie-phobes.
On y aborde divers produits que nous utilisons tous les jours et la chimie qui les compose ainsi que l'historique qui les entoure. A la fin du livre, on acquiert une grande culture générale chimique. Je le trouve accessible à toute personne qui a une formation en chimie. Pour les autres, le glossaire est très bien écrit et vous permet de comprendre ce qu'il faut pour continuer de lire.

Non, produit chimique ne rime pas avec danger !

Voici quelques sujets dont j'ai décidé de vous parler :
  • Les AHA (alphahydroxyacides) sont contenus dans le lait (acide lactique), le jus de citron (acide citrique), les pommes (acide malique), les amandes amères (acide mandélique).
    L'acide glycolique contenu dans la canne à sucre, les artichauts, le jus de pomme, la sauce soja, etc est le plus petit AHA, il peut donc traverser la paroi de la cellule et stimuler le métabolisme des protéines dont le collagène. Cet AHA est utilisé dans des solutions à 10-20% pour traiter les "ravages de l'acné et de l'eczéma". Dans les crèmes cosmétique, on n'en trouve que 4% maximum.
    L'acide lactique est plus doux que le glycolique, on le trouve dans le lait par exemple. Il pénètre dans la peau, fragilise les liaisons entre cellules et permet ainsi à la peau morte de s'en aller plus vite et plus facilement. D'autre part, il fait se gorger d'eau les cellules, donnant un aspect plus rebondit à la peau. Suite à cela, je me suis fait des compresses de lait 1/2 écrémé sur mes cernes creusées et j'ai trouvé que cela repulpait un peu ce creux démoniaque.
  •  La vitamine C nous évite de contracter le scorbut, une maladie quasiment disparue aujourd'hui. D'ailleurs, l'autre nom de la vitamine C est l'acide ascorbique, on y retrouve le a- privatif et le mot "scorb" qui fait référence au scorbut. L'acide ascorbique contrecarre le scorbut. Elle fait partie de ces vitamines antioxydantes qui luttent contre les radicaux libres qui oxydent notre corps et le font vieillir. Sans vitamine C, nous n'absorbons pas bien le fer et nous sommes anémié (c'est pour ça qu'il y en a dans les compléments alimentaire de fer).
  • Le peroxyde d'hydrogène alias H2O2 est un antiseptique et un antioxydant. Il permet de blanchir moins agressivement que l'eau de Javel (qui a aussi droit à son heure de gloire dans ce livre). Outre son usage dans le blanchiment du linge et l'élimination d'un tâche, il fait blanchir les dents, chez le dentiste par exemple. H2O2 diffuse à travers l'émail et décolore les molécules qui donne sa teinte à la dent. Comme ce produit ce décompose très vite en oxygène et en eau, dans le gel du dentiste on trouve plutôt un combinaison urée-H202. Oui l'urée ça fait penser au pipi mais ce n'est pas "sale", c'est juste un composé chimique synthétisé en labo ici.
  • Les antidépresseurs et leur fonctionnement sont expliqués, et j'ai trouvé ça super intéressant : une dépression clinique est en fait due à un manque de neurotransmetteur dans l'organisme. L'antidépresseur va empêcher le processus de recapture (la synapse libère et reprend tout de suite la molécule messagère) ou bloquer l'action d'une enzyme qui dégrade les messagers. Fascinant n'est-ce pas ?
    Ce livre parle aussi de plantes, puisque les molécules ont très souvent été découvertes dans la nature puis reproduite en laboratoire. Bon il arrive aussi, qu'une erreur de manipulation, un mauvais lavage de ballon vous donne le prix Nobel ^^. Citons donc les plantes qui contiennent des antidépresseurs : le millepertuis (interdit aux filles sous pilule, cf la notice de la pilule), le kava. Pour les maniaco-dépressifs, le lithium est le traitement, on le trouve naturellement dans : le maïs, le chou, la laitue, les oranges, les patates.
  •  Le BPA alias bisphénol A est le grand ennemis des biberons en ce moment. Il est utilisé dans le polycarbonate comme plastifiant (=ramollissant). Ce serait un perturbateur endocrinien. Avant de poursuivre, je tiens à dire que l'auteur a fait de sérieuses recherches, qu'il a consulté beaucoup de médecins pour écrire son livre, ce qui est précisé dans l'introduction. La grande majorité des études sur le BPA ne montre aucune incidence hormonale, la quantité qui passe dans le lait étant infime. Suffisamment infime pour qu'il n'y ait pas d'effet. La seule, et je dis bien la seule (du moins en 2004 quand ce livre a été écrit) expérience qui a prouvé que le BPA des biberons pouvait avoir une incidence (sur les souris bien sûr, tous les tests se font sur elles), est une expérience où les biberons étaient lavés avec un produit basique.
    Alors oui blablabla les produits chimiques c'est pas cool, c'est des perturbateurs endocriniens sauf que les plantes aussi ! Et même encore plus ! Regardez le millepertuis ! Il est plus fort que la pilule ! Ce n'est pas parce que ça vient des plantes que c'est moins dangereux ! Saviez-vous que les plantes produisent elles-même leur pesticides pour se défendre ? Certes, ils sont beaucoup moins efficaces que ceux qu'on répand mais vous les absorbez ces pesticides. Sont-ils dangereux ? Il est probable que non, car de tout temps l'homme a mangé des plantes, ceux sur qui ces pesticides naturels n'ont eu aucun effet ont survécu, les autres non. C'est l'évolution.
  •  Enfin, THE chapitre à lire, c'est le dernier, la postface "la chimiephobie, ses causes et son remède". Dans ce chapitre, l'auteur vous parle de la manipulation des journalistes, pour faire le buzz, ils misent sur 2 points : la dangerosité pour les femmes enceintes, les enfants, les personnes agées ET la fertilité ET la mort.
    D'autre part, les résultats sont souvent faussés, il ne faut ABSOLUMENT PAS CROIRE une étude dite scientifique si :
    _le graphique n'a pas d'origine (de zéro), c'est si facile de montrer les concentrations à partir desquelles il y a un problème et de ne pas montrer les concentrations inférieures où il ne se passe rien
    _s'il n'y a pas de marge d'erreur comme un "+/- 3%", elle est nécessaire car il y a toujours des facteurs cachés
    _s'il n'y a pas le nombre de personnes testées et le nombre de gens qui ont eu le problème
    _les termes tels que "pourrait être lié", "semble", "croire"

    L'exemple flagrant sur les pourcentages qui nous est donné est : prenons la ville X dotée d'un incinérateur, il y a 8 cas de cancers rares. Prenons la ville Y qui n'a pas d'incinérateur et où il y a 6 cas de cancers rares. En pourcentage, l'augementation du nombre de cancers est de 33% ! Cela paraît tout de suite alarmant !
    On peut aussi continuer avec les additifs alimentaires, longtemps critiqués. Sauf que sur les souris, ils réduisent le risque de cancers. Mais ça ne fait pas la une des journaux ! Il est aussi fortement probable que les acides gras trans comme les CLA réduisent le risque du cancer du sein. Des études sont en cours.
Bref, j'aimerai que les gens arrêtent un peu de d'être manichéen : les produits chimiques ne sont pas tous mauvais et les produits naturels ne sont pas tous bons. Il y a des maladies qu'on ne peut soigner avec les plantes et pour celles qui peuvent l'être, reproduire la molécule en laboratoire évite les allergies. Allez donc bouffez des feuilles de saule si vous avez mal à la tête, moi je préfère le doliprane, au moins, je ferai pas d'allergies.
Il faut savoir faire la part des choses et arrêter de croire les journaux qui n'ont pas de vrais appuis scientifique. Lisez techno-science, ça m'a l'air toujours mieux documenté que femme actuelle ou les magazine à sensation qui veulent absolument vendre ! Ou même que le journal du 20h. Il suffit d'une rumeur pour qu'un reportage arrive, sans pour autant que des tests réalisés par des labos indépendants et qui prennent souvent du temps ne puisse étayer cela.



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